Le Centre d’Information et de Promotion des Projets Agricoles, CIPPAGRI et l’Observatoire Congolais de l’Environnement, OCE, ont organisé ce 21 mars dans le quartier Joli site à quelques mètres de la route Kinsevere dans le Secteur de Bukanda, une rencontre avec les femmes agricultrices pour identifier leurs besoins spécifiques et préparer un projet agricole destiné à renforcer leur autonomie. Cette activité suit celle du 18 mars à la commune rurale de Kipushi.
Cette rencontre, à la fois émotive et stratégique, a permis de recueillir les préoccupations des femmes locales qui, malgré leur courage et leur travail acharné, font face à de nombreuses difficultés. Ces femmes, souvent confrontées à des conditions de travail difficiles et à un accès limité aux ressources agricoles, ont vu en cette initiative une lueur d’espoir pour améliorer leur quotidien.
Une collaboration clé pour l’autonomisation des femmes agricoles

A travers des discussions interactives, près de 31 participantes ont eu l’opportunité de partager leurs expériences et de formuler des propositions concrètes pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. Dans le cadre de la préparation de leur projet agricole, CIPPAGRI et OCE ont mis l’accent sur des solutions adaptées à la réalité locale, prenant en compte les impacts environnementaux des activités minières. Ce projet sera soumis à l’Organisation Internationale de la Francophonie, OIF, dans l’espoir de bénéficier d’un soutien technique et financier qui permettra aux femmes agricultrices de Kinsevere de mieux répondre aux défis auxquels elles font face.
Une voix qui porte : Professeur Many Kennes, coordinatrice de CIPPAGRI
Professeur Many Kennes, coordinatrice de CIPPAGRI et partenaire de l’OCE, a souligné l’importance de ce projet pour les femmes de Kinsevere. « Nous sommes venus rencontrer les femmes agricultrices qui travaillent dans des zones impactées par les activités minières. Ce sont des femmes non seulement confrontées à la pauvreté, mais aussi vulnérables en raison du contexte difficile dans lequel elles évoluent. La plupart d’entre elles se consacrent à la culture du manioc sauvage, appelé le glaziovi. Nous avons rencontré ces femmes pour identifier avec elles, d’une part, leur vulnérabilité propre, et d’autre part, les difficultés qu’elles rencontrent dans leur production agricole. L’objectif est de déterminer comment, en tant que CIPPAGRI et OCE en consortium, ainsi qu’en collaboration avec des universités et des chercheurs, nous pouvons les aider à augmenter leurs revenus à travers leurs activités agricoles », a-t-elle déclaré.
Un avenir prometteur pour les femmes agricoles de Kinsevere

Le projet agricole vise à améliorer non seulement la productivité agricole mais aussi à garantir un développement durable dans cette partie de la commune Annexe.
Pour Espérance Tshihubala, une des participantes à la rencontre, ce projet représente un tournant dans sa vie : « Nous sommes des femmes de Kinsevere. Nous cultivons différentes plantes, notamment le manioc sauvage, car cette culture n’est pas très exigeante en termes de pluie, ce qui nous permet de générer des revenus. Nous avons longtemps lutté seules, mais aujourd’hui, avec l’aide de CIPPAGRI et OCE, nous voyons enfin un futur meilleur pour nos familles et nos communautés.»
Le soutien de l’OIF pourrait avoir un impact profond, non seulement sur l’agriculture, mais aussi sur la vie sociale et économique de ces femmes et de leurs communautés. Un projet de cette envergure pourrait permettre de redéfinir le rôle de la femme dans l’agriculture et offrir de nouvelles opportunités d’emploi et de développement dans cette région.
Pour l’OCE
Jeancy Mulopwe
Chargé de communication.