Du 27 au 29 août 2026, l’Observatoire Congolais de l’Environnement (OCE) a organisé à Sakania un atelier de renforcement des capacités des Comités Locaux de Développement (CLD) et des communautés riveraines des opérations minières de Frontier SA. Cette formation constitue la deuxième étape opérationnelle du processus de négociation participative du deuxième Cahier des Charges RSE de l’entreprise.
Après le lancement officiel des négociations participatives du deuxième Cahier des Charges RSE de Frontier SA, intervenu le 18 août 2026, l’OCE a engagé une nouvelle phase de son accompagnement technique.
L’atelier organisé dans le secteur de Balamba, territoire de Sakania, visait notamment à préparer les acteurs communautaires à prendre part de manière active et éclairée aux négociations. Membres des CLD, leaders communautaires, représentantes des associations de femmes, jeunes et autorités coutumières ont ainsi été concernés par cette démarche.

L’objectif général était de renforcer les capacités techniques et méthodologiques des représentants des communautés locales riveraines et des CLD afin de leur permettre de participer de manière « active, éclairée et paritaire » au processus de négociation.
La première journée de formation, le 27 août, a été consacrée à l’engagement communautaire, à la consultation des parties prenantes et au cadre légal applicable aux CLD.
L’engagement communautaire a été présenté comme une participation active et consciente des populations au bien-être collectif. La formation a également insisté sur la justice sociale, la redevabilité et la nécessité pour les leaders de restituer les acquis auprès de leurs communautés.
Cinq objectifs de l’engagement communautaire ont été mis en avant : renforcer les systèmes du secteur public, accroître la redevabilité envers les populations affectées, consolider la cohésion sociale, favoriser le changement social et comportemental et renforcer les capacités des systèmes communautaires de base.

L’OCE a également encouragé la participation des groupes considérés comme historiquement marginalisés, notamment les femmes et les jeunes, ainsi que la mise en place de cadres réguliers de dialogue afin de prévenir l’escalade des préoccupations communautaires en conflits.
La formation a accordé une place importante aux Comités Locaux de Développement. Présentés comme des structures de concertation à la base, les CLD ont notamment pour mission d’organiser des actions valorisant les potentialités locales et de les connecter au tissu économique global.
L’identification des projets prioritaires doit, quant à elle, être conduite par les CLD avec l’appui d’une expertise technique externe et des organisations de la société civile spécialisées en RSE.
La deuxième journée, le 28 août, a été consacrée aux fondamentaux de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et à son articulation avec les normes ESG.
La RSE a été présentée comme une démarche globale par laquelle une entreprise intègre des préoccupations sociales, environnementales et éthiques dans ses activités et dans ses relations avec ses parties prenantes.
Six principes cardinaux ont été analysés : redevabilité, transparence, comportement éthique, reconnaissance des intérêts des parties prenantes, respect de la légalité et respect des droits de l’Homme.
La RSE constitue une démarche stratégique et opérationnelle de l’entreprise, tandis que l’ESG est présenté comme un ensemble de critères et d’indicateurs permettant d’évaluer la performance et la durabilité des projets.
La troisième journée, le 29 août, a porté sur les droits humains, la protection légale et le genre dans les projets miniers.

Animée par l’expert juriste Me Nascimento Iputa, cette session a notamment abordé les droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels ainsi que les droits collectifs et communautaires, dont ceux liés à un environnement sain et au développement.
Les participants ont également été sensibilisés à plusieurs instruments internationaux et nationaux relatifs aux droits humains, aux droits des femmes et à la parité.
Dans les engagements consignés à l’issue de l’atelier figure notamment la volonté de garantir au moins 30 % de femmes dans les commissions de négociation.
Au terme des trois journées, les participants se sont engagés à restituer les acquis de la formation auprès des communautés et à restructurer ou élire les CLD manquants.
Ils ont également retenu la nécessité d’exiger la transparence budgétaire et de privilégier des projets structurants et durables. De son côté, l’OCE prévoit notamment de superviser l’installation des CLD et d’apporter un accompagnement technique dans l’élaboration des fiches de projets.
La prochaine étape annoncée concerne le déploiement, en septembre 2026, des équipes de terrain de l’OCE dans les villages impactés du secteur de Balamba.
Ces équipes doivent administrer les outils de collecte et procéder à l’identification et à la priorisation des besoins par village. Les données recueillies doivent ensuite être consolidées par la Commission Mixte Paritaire réunissant Frontier SA, les CLD et l’OCE.
Une étape de validation technique et de signature solennelle est ensuite prévue avant la transmission du projet au Gouvernement provincial du Haut-Katanga pour approbation administrative.
Jeancy Mulopwe
