Le Secteur de Balamba, dans le territoire de Sakania, a accueilli ce 18 août 2026 dans la province du Haut-Katanga, le lancement officiel du processus de négociation et de révision du Cahier des Charges de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) entre la société Frontier SA et les communautés llocales.
La cérémonie, organisée avec l’accompagnement technique de l’Observatoire Congolais de l’Environnement, a réuni les autorités politico-administratives et sectorielles, les représentants des services étatiques spécialisés, la société Frontier SA, les organisations de la société civile ainsi que les représentants des Comités Locaux de Développement (CLD) et les leaders communautaires.

Le lancement de ces discussions intervient dans le cadre des dispositions du Code minier révisé en 2018 et de son Règlement minier, qui prévoient la contribution des entreprises minières au développement durable des communautés locales riveraines à travers la négociation et la signature d’un Cahier des Charges RSE.
Dans ce processus, l’OCE intervient comme organe technique d’accompagnement, d’orientation, de facilitation et de suivi du dialogue social. Son rôle consiste notamment à contribuer à l’instauration d’un cadre de concertation permettant aux différentes parties prenantes de participer au processus dans le respect des textes en vigueur.
Au cœur des échanges, une préoccupation commune s’est dégagée : la nécessité de mieux aligner les engagements sociétaux de l’entreprise sur les réalités et les besoins prioritaires des communautés.
L’Administrateur du territoire de Sakania a notamment relevé le faible impact du premier Cahier des Charges sur le vécu quotidien des populations et appelé à la conclusion d’un avenant ou d’un nouveau document répondant davantage aux aspirations locales. Il a également insisté sur l’importance du respect du calendrier des négociations et sur le suivi des futurs engagements.
De son côté, la direction de Frontier SA a réaffirmé sa volonté d’assumer ses responsabilités sociétales conformément aux exigences légales et de maintenir un dialogue ouvert et transparent avec les différentes parties prenantes.
À travers les Comités Locaux de Développement, les représentants communautaires ont été officiellement présentés aux autorités et aux participants. Chaque CLD a également présenté, de manière symbolique, les principales aspirations de son entité, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’accès à l’eau, de la santé et de l’agriculture.
Les échanges ont ainsi fait ressortir la volonté des communautés de ne plus être de simples bénéficiaires ou spectatrices des projets, mais de participer pleinement à la définition des priorités qui doivent guider les investissements communautaires.
L’OCE a particulièrement insisté sur l’importance du rôle du Chef de Secteur et des Comités Locaux de Développement dans le processus, tout en réaffirmant sa disponibilité à assurer un accompagnement technique permanent des autorités et des communautés.

Pour l’Observatoire, la réussite du processus dépendra notamment de la capacité des parties prenantes à privilégier des projets ayant un impact social direct et mesurable. Les priorités identifiées concernent notamment l’accès à l’eau potable, les infrastructures scolaires et sanitaires ainsi que l’appui à l’agriculture locale.
Le lancement officiel ouvre désormais la voie à une phase plus opérationnelle. Parmi les résolutions retenues figure la mise en place de travaux en commission mixte Frontier SA – CLD – OCE pour élaborer un avenant ou un nouveau Cahier des Charges RSE, avec une échéance fixée à trente jours.
Au-delà de la cérémonie du 18 août, le véritable défi commence maintenant : faire du Cahier des Charges RSE un instrument concret de développement local.
À Balamba, le processus lancé entre Frontier SA et les communautés locales ouvre ainsi un nouvel espace de dialogue. Sa réussite dépendra de la participation effective des communautés, de la transparence des discussions, du respect du cadre légal et surtout de la capacité collective à traduire les priorités exprimées par les populations en projets réalisables, suivis et durables.
Jeancy Mulopwe
